Les anglicismes : à adopter ou à bannir une bonne fois pour toutes ?

L’autre jour, je me baladais dans les méandres du web (bon ok, je chillais aisément sur les réseaux sociaux) et je suis tombée là dessus : 

Y a-t-il une overdose d'anglicismes dans la langue française ?
Oh my god ! Mais ça fait sens !

Quoi ??  Booster, c’est un mot que j’utilise assez facilement !

Ça fait tilt dans mon cerveau : c’est vrai qu’on utilise à tire-larigot des expressions directement issues de l’anglais ou rendues anglo-saxonnes (comme parking qui n’existe absolument pas en anglais). 

C’est quoi un anglicisme ?

Le Larousse nous dit qu’un anglicisme est « un mot ou une tournure de la langue anglais introduit dans une autre langue » mais aussi « un solécisme (emploi syntaxique fautif pour la culture : on en apprend tous les jours !) consistant à calquer en français une tournure syntaxique propre à l’anglais. »

Quand j’étais au collège, je me souviens m’être demandé pourquoi mon prof de français s’évertuait à dire « courriel » et non pas « email ». Je me disais « on s’en fout ! C’est pas un mot qui va changer le cours des choses ! ». 

Et regardez aujourd’hui… 

On checke ses emails avant de partir en conf call et de rappeler son client asap. On taggue sa meilleure amie sur une photo Facebook en attendant un maximum de likes. Ah mais non Facebook, c’est so 2018 ! En 2019, on est tous sur Instagram. T’es trop has-been en fait…

Can you speak français, please ?

Pourquoi utilise-t-on systématiquement des termes anglais dès qu’il faut parler d’éléments techniques d’un métier ? Dans la communication, je pense que nous sommes assez calés : deuxième langue franglais ou même globish

L’anglais ferait-il plus classe, plus technique, plus compliqué ? 

Est-ce une envie de se retrouver entre pairs et d’être sûr de parler la même langue et d’avoir la même expertise

« On se fait un brainsto (oui autant raccourcir même les mots anglais) sur les templates de la newsletter ? » ou encore  « Il faut se challenger pour faire ressortir notre storytelling à travers des photos instagrammables ! »

Je n’ai pas de réponses aux questions que je pose, ce sont simplement des réflexions. Car une fois que le mot français a été remplacé par un mot issu de l’anglais, que devient le mot français ? 

Je me laisse moi-même prendre régulièrement au jeu des anglicismes, parfois sans même en avoir conscience. 

« J’suis trop bilingue, c’est pour ça ! »

Pourtant, pas besoin de connaître les mots techniques en anglais pour avoir une expertise certaine, vous ne pensez pas ? 

Moi quand on me dit « ça fait sens ! » :

Et si les mots anglais désignaient des termes inexplicables en français ? 

Oula, mais qu’est-ce qu’elle raconte ? La langue de Molière est la plus riche du monde, ok ? On a plusieurs mots pour désigner la même chose avec quelques nuances, alors comme un mot anglais pourrait être mieux ? 

Alors, là, je m’adresse aux férus du marketing et du SEO. (Les autres, passez au paragraphe suivant si cela ne vous intéresse pas !) 

Comment traduisez-vous l’inbound marketing ? C’est un procédé qui permet d’attirer le client, d’accord. Mais comment traduire les quatre étapes qui font passer votre lecteur (suspect) à un prospect puis à un client puis à un ambassadeur ? 

Evidemment, il s’agit de jargon technique que tout le monde n’utilise pas tous les jours. Mais ce jargon technique existe pour une raison : il est souvent intraduisible en français. 

Même Haroun en parle dans sa vidéo sur le stand-up : 

Connaissez-vous le terme français pour des anglicismes courants ?

Cependant, on utilise tellement d’anglicismes au quotidien qu’on ne s’en rend même pas compte !

Je vous laisse quelques traductions sur des anglicismes courants pour apporter de l’eau à votre moulin : 

  • Faire sens est une traduction pauvre de to make sense et n’existe pas en français. Il vaut mieux dire « ça a du sens », 
  • Un feedback : un retour, un commentaire, 
  • Low cost : à faible coût, 
  • Crush : béguin (c’est tellement mignon béguin !), 
  • Crypté : codé en français, 
  • Être focus : être concentré, 
  • Self-service : libre service, 
  • Stalker : harceler, 
  • Touchy : délicat, épineux. 

Et il y en a tellement d’autres ! Sur le site de l’Académie Française, 17 pages sont consacrées aux néologismes et aux anglicismes si vous voulez en trouver d’autres pour étaler votre science à un apéro entre amis 😉 

Notre langue française est pourtant extrêmement riche en vocabulaire et synonymes pour ne pas avoir à employer des anglicismes à tout bout de champ. Et sans être québécoise et sans refuser l’évolution de notre langue, ça me rend un peu triste de voir que notre richesse linguistique pourrait disparaître au profit d’anglicismes plus « attrayants à l’oreille ».

Alors les anglicismes, pour moi, sont à utiliser avec modération. Je suis en cure de désanglicisation intense (j’ai pas dit que j’arrêtais d’inventer des mots ^^). 

Je ne suis plus freelance mais indépendante et même si je fais du storytelling, j’ai surtout l’art de raconter des histoires

A votre avis combien d’anglicismes dans cet article ? 

Que vous soyez un fan d’anglicismes ou un amoureux invétéré de la langue française, je m’adapte ! N’hésitez pas à me contacter pour vos besoins en rédaction web 😉 

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